Une journée avec Calogero
Deux jours après la sortie de son troisième album, il est allé à la rencontre de son public dans les Virgin Megastore parisiens. Une opération de promotion coup de poing pour Calogero, 32 ans, nouvelle star de la chanson. Nous l'avons accompagné.
DÉCIDÉMENT, les temps changent pour Calogero. En 2002, l'artiste sortait discrètement son second album - toujours classé parmi les meilleures ventes de disques en France. Aujourd'hui, c'est plutôt un lancement en grande pompe qui accompagne « 3 », son nouvel opus disponible depuis lundi.
Hier, le chanteur de 32 ans a vécu une journée de promotion marathon à la rencontre de ses fans dans trois grands magasins parisiens. Nous l'avons suivi à la trace.
14 h 30, siège d'Universal. Calogero et son entourage quittent la maison de disques pour la première étape de l'après-midi. « Je n'ai encore jamais fait ce genre de chose », lance d'emblée l'intéressé. L'organisation d'une telle opération montre que son nouvel album est particulièrement attendu. « J'essaie de ne pas trop penser à ce genre de détails commerciaux. J'ai juste envie de donner aux gens la musique que j'aime et je sais qu'ils m'apprécient pour cela avant tout. »
15 heures, Virgin Megastore Grands Boulevards. Le chanteur se prête au jeu de l'interview avec le public, quelques dizaines de fans assidus. Les questions fusent avec au passage des interrogations existentielles du genre : « Pourquoi t'es-tu coupé les cheveux ? » Puis une jeune fille se jette à l'eau : « Seriez-vous prêt à composer pour un chanteur inconnu ? » Calogero répond du tac au tac. « Je fonctionne au coup de coeur. Si je craque sur lui, pourquoi pas ? » La demoiselle lui tend un disque. « Alors j'espère que vous craquerez sur ce que je fais. » La gent féminine est en surprésentation dans l'assistance. Pourtant c'est d'un garçon que vient la déclaration la plus touchante. « Calo, je voulais te remercier du fond de mon coeur pour tout ce que tu fais. Ta musique plane au-dessus des nuages », affirme le jeune homme, les yeux rougis par l'émotion.
16 heures, dans les bureaux du magasin. Entre une coupe de champagne et quelques chocolats, Calogero avoue son faible pour les livres d'histoire. Ni une ni deux, la responsable du rayon littérature s'empresse de lui ramener une petite sélection d'ouvrages et lui en offre un.
16 h 30, dans les rues de Paris. Le chanteur se prépare pour l'incontournable séance de dédicaces. Beaucoup l'attendent avec son nouvel album en main. « Je n'ai pas voulu faire un disque frileux, comme ces chansons qui s'appuient au départ sur des guitares dont on va baisser le volume à l'enregistrement pour ne pas choquer les radios », nous confie-t-il. Son parcours lui donne pour l'instant raison. « Prendre racine est mon plus gros succès alors que c'est une chanson pas facile. » L'album « 3 » tisse même des liens entre la variété française et le rock tendance du moment, façon Coldplay et Placebo. Des références que le compositeur assume. « Ce sont les deux groupes que je préfère actuellement. J'ai envie de mettre une touche française à cette musique qui a toujours été la mienne, avec notamment les Who et les Cure, mes deux références. Pendant longtemps, on a cloisonné les publics dans des genres spécifiques. Aujourd'hui, tout est plus ouvert. Un jeune peut être autant secoué par Eminem que par Barbara. »
17 heures, Virgin Louvre. Début de la séance de dédicace. La file d'attente déborde à l'extérieur du magasin, mais chacun attend gentiment son tour. Les premiers fans font signer photos, billets de concert, disques et même une guitare où Patrick Bruel a déjà laissé sa griffe. « On est là depuis trois heures, explique Marie, 17 ans, encore tout émoustillée d'avoir approché son idole. Je tremblais, je n'avais plus de jambes. Sa voix m'envoûte et en plus il est beau mec ! »
18 h 30, aux abords des Champs-Elysées. Arrive l'heure du mini-concert. « J'ai déjà joué dans ce Virgin, mais j'ai toujours un peu le trac. Cela me renvoie à mon arrivée à Paris. Quand je suis monté de Grenoble, j'avais une chambre de bonne pas très loin du magasin. J'allais acheter des disques là-bas. »
19 heures, Virgin Champs-Elysées. Dans le vaste hall du magasin, archicomble, Calogero et ses musiciens entament cinq chansons électroacoustiques dont trois nouvelles, « Yalla », « Safe Sex » et « Face à la mer », duo inattendu avec Passi, présent pour l'occasion. « Calo m'a appelé parce qu'il voulait marier pop et rap, explique le rappeur. Les vibrations sont bien passées entre nous. J'ai craqué sur la mélodie qu'il m'a envoyée. On a discuté de nos origines, la Sicile et Grenoble pour lui, l'Afrique et Sarcelles pour moi. Le texte qui parle de cela est venu très vite. » Sur scène pour leur grande première ensemble, les deux acolytes font un carton. Visiblement, le public connaît déjà parfaitement les autres titres. Un excellent présage pour un disque en route pour la gloire.
Calogero « 3 » (disques Mercury). Prix : 16,62 €. En tournée à partir du 1 e r octobre, dont les 15 et 16 octobre à Paris au Zénith.
--Message edité par xio le 2004-03-18 21:15:21--